Coronavirus : Solidarité et vigilance
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Tou.te.s solidaires et mobilisé.e.s pendant la durée de la crise

La crise sanitaire que nous traversons depuis plusieurs mois est inédite et se singularise par sa diffusion rapide diffusion, sa gravité, sa dimension planétaire, et ses conséquences multiples : sanitaires, financières, économiques, politiques, sociales et écologiques.

Tant que la crise durera, il est essentiel que nous soyons toutes et tous mobilisé.e.s pour préserver notre santé ; protéger et soutenir les équipes médicales qui se battent contre la pandémie ; accompagner les entreprises, les agriculteurs et éleveurs, les indépendant.e.s, les acteurs.trices de la culture, mais aussi les caissières et caissiers, les salarié.e.s des plateformes de livraison, précaires, SDF, détenu.e.s, migrant.e.s, sans papiers…

Nous restons vigilants quant au respect des libertés individuelles

Dans ce contexte de crise, nous sommes vigilants aux respects des libertés individuelles. Une application mobile permettant d’identifier, de pister et de maintenir à l’isolement les personnes malades ou porteuses du virus est aujourd’hui étudiée par le gouvernement. Comme le pointe la CNIL dans son audition à l’Assemblée Nationale, nous avons très peu de recul sur l’efficacité des dispositifs de « tracking » à contribuer à l’endiguement des épidémies. De plus, nous craignons que l’illusion de sécurité induite par l’utilisation de ce genre d’application nous fasse oublier les gestes barrières qui pour leur part ont fait la démonstration de leur efficacité.

Gardons également en tête que ces outils de tracking ont été déployés dans des pays nationalistes et autoritaires, et que leur utilisation place les citoyens dans une position de suspects. Malgré toutes les garanties qu’affiche le gouvernement, on peut donc s’interroger sur l’usage de tels outils dans la durée et questionner la réalité de protection des données individuelles. En sacrifiant de notre liberté pour une promesse de sécurité renforcée (qui reste encore à démontrer), on fragilise les deux et on y perd des deux côtés sur le long terme !

L’après crise doit se construire de manière démocratique

Dans le contexte sanitaire que nous connaissons, des réponses urgentes d’ordre sanitaire justifient le renforcement des pouvoirs exécutifs. Toutefois, ces pouvoirs exceptionnels accordés au gouvernement, aux préfets, aux bureaux exécutifs régionaux et aux maires doivent se limiter à des décisions d’ordre sanitaire.

Les actions de lobbys organisés, auprès de ces décideurs renforcés pour faire passer des décisions orientées et sans lien avec la crise, mais combattues de longue date par les écologistes, nous inquiètent.

Il nous parait capital de ne pas confondre urgence et importance. L’urgence se limite à la gestion actuelle de la crise sanitaire ; l’importance réside quant à elle dans la nécessité de construire des plans nationaux, régionaux et locaux de sortie de crise. Ces-derniers impliqueront des investissements massifs d’argent public et ne pourront donc pas s’affranchir du débat démocratique, avec l’ensemble des élus et des citoyens.

Construire l’après : 2 modèles s’affrontent

Les consciences bougent. Les questions fusent. L’intelligence collective demande des réponses nouvelles. Jamais le modèle actuel n’aura autant vacillé sur ses bases. La pandémie en cours nous appelle à reconstruire l’ordre du monde. Ni plus ni moins. Pour nous, écologistes, l’enjeu est immense.

Comme l’a dit le Président de la République, il n’y aura pas de statu quo. Nous pensons que la société française sera amenée à faire un choix entre deux scénarios qui se dessinent peu à peu au travers des réponses locales et nationales face à l’urgence sanitaire.

– Soit, ceux qui tiraient profit de l’ancien monde décideront de le renforcer en développant des plans de relance économique indiscriminée. Cela nous conduira à lever les règlementations sociales (ex : code du travail) et environnementales perçues comme des freins à la santé économique du pays. Déjà certains s’illustrent en ce sens : nous avons vu les aéroports demander une exonération fiscale sur les billets d’avion ; les zones tampon pour l’épandage des pesticides ne sont plus respectées ; et, de manière moins anecdotique, l’État français n’a pas signé l’appel des pays européens pour que le plan de relance économique se fasse dans le cadre du « Green deal ».

– Soit, nous choisirons collectivement de basculer dans un nouveau modèle de société. Cela nous conduira à débattre d’une nouvelle hiérarchisation des métiers, à lancer des plans d’investissement massif dans les domaines nécessaires à la Nation (santé, alimentation, transports etc.), et à prendre de nouvelles réglementations sociales et environnementales pour prévenir l’apparition de nouvelles crises, qu’elles soient d’ordre sanitaire, économiques, boursières, climatiques ou pétrolières.

EELV Poitou Charentes est et restera très impliqué localement pour accompagner l’émergence de nouvelles logiques et faire en sorte que l’après-crise rompe avec le modèle d’avant.